Les temps sont durs pour George Bush!
Par Toto, vendredi 28 octobre 2005 à 16:02 :: Actu :: #11 :: rss

Cette fin de mois d'octobre a été particulièrement rude pour le président des Etats-Unis - et c'est loin d'être fini! D'abord, il y a eu le surprenant retrait de sa "copine de classe" Harriet Miers, pressentie pour remplacer Justice Sandra Day O'Connor à la Cour Suprême. Un débat houleux touchant de près à sa crédibilité républicaine a mis à mal sa candidature et c'est 25 jours après que Bush l'ait proposée qu'elle annonce qu'elle renonce au poste; elle décalre que sa nomination représenterait un embarras pour la Maison Blanche et ne servirait pas l'intérêt du pays; une cabale républicaine a conduit Harriet Miers à prendre cette décision; elle n'avait pas que des amis dans ce camp et certaines voix n'ont pas hésité à déclarer qu'elle était sans relief, inconsistante et - ultime outrage - insuffisamment conservatrice!
Donc un revers pour Bush, et il n'en avait vraiment pas besoin à ce stade; à peu près une année après son triomphe aux élections présidentielles de 2004, au son des prédictions d'un âge d'or républicain et d'un parti démocrate destiné à décliner durablement, voilà qu'une statistique gênante surgit: le 2'000ème GI est décédé en Irak depuis le début du conflit...un sombre rappel du bourbier irakien qui s'adresse directement à lui...
Enfin, l'inculpation imminente par un "grand jury" d'un des proches conseillers du président, Karl Rove, n'arrange pas les choses; ce dernier fait l'objet d'une enquête pour avoir révélé l'identité d'un agent secret de la CIA; il s'agirait d'une basse vengeance: le mari de l'agent secret (il s'agit d'une femme) aurait été très critique envers l'administration Bush.
Le président se retrouve affaibli, piégé par une guerre sans issue et en porte-à-faux avec sa propre base; cette situation est en contradiction avec le triomphalisme de 2004 mentionné plus haut: sa brillante réélection lui a valu un agenda politique très ambitieux; de cela il ne reste plus grand chose et Bush est amené à sérieusement reconsidérer son second mandat.
Comme pour oublier ses ennuis, il multiplie les actions ponctuelles, telles ses visites aux victimes d'ouragans (Katrina, maintenant Wilma); ça ne semble toutefois pas suffisant pour le remettre en selle. Le déficit d'image auprès de l'opinion publique s'accélère. Les options sont limitées: au mieux, et dans le seul but de renforcer sa base politique, il devra proposer un nouveau candidat ultra conservateur à la Cour Suprême. Pour le reste, et surtout l'Irak, sa marge de manoeuvre est restreinte. Si Bush ne parvient pas à redresser la barre à court terme, les élections 2006 du Congrès verront un raz-de-marée démocrate; à plus long terme, et si cette situation perdure, la probabilité de voir un démocrate accéder à la présidence sera tès élevée.

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