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jeudi 24 avril 2008

Patrouille des Glaciers 2008


Et le jour tant attendu a fini par arriver! Nous partons pour Evolène ce vendredi après-midi 18 avril avec l'incertitude de partir le lendemain; en effet, la météo n'est guère optimiste; un courant fort du sud est annoncé pour la nuit - l'amélioration est attendue en milieu de journée le lendemain. Nous serions renseignés un peu plus tard à Arolla par le commandement de la course. Donc nous nous plions comme à l'accoutumée aux exigences du contrôle de matériel puis montons à Arolla pour l'allocution tant attendue; en principe le départ a lieu; les patrouilles sont toutefois averties qu'elles doivent prendre leurs précautions pour se prémunir du froid et des gelures; il semblerait qu'il y ait eu des victimes lors du départ précédent il y a 2 jours. Nous sommes en outre prévenu que si le commandement devait changer d'avis, nous serions prévenus par sms à 20h30; sur ce, nous retournons à Evolène (où nous logeons) et prenons un bon repas dans un restaurant local. Le sms n'est finalement pas venu, nous partons donc le lendemain à 5h00 comme prévu.

Après un réveil pénible à 3h00 et l'absorption sans grand appétit du petit-déjeuner, nous nous faisons accompagner par Frédy à Arolla. Tempête de neige allant en s'intensifiant au fur et à mesure que nous nous approchons du départ. Au moment du "drop", il neige abondamment, nous échangeons peu de mots en nous rendant sur l'aire de départ. Nous dirons que le moral n'est pas au beau fixe! Enfin le départ est donné...et là, la machine se met en route, peu importe qu'il neige ou non. Arrivée en forme à Riedmatten, descente toujours aussi périlleuse du même col, ski approximatif dans le brouillard et la neige jusqu'au Pas-du-Chat. Traversée sans problème du long plat jusqu'à la Barma. Ravitaillement bien accueilli (bouillon, fruits secs et thé sucré). Nous prenons le temps d'une petite page "people" en nous faisant photographier avec Adolf Ogi. Puis on repart tranquillement pour prendre pied sur le glacier de Mourti et atteindre le bas du couloir de la Rosablanche. C'est à ce moment (vers 10h00 du matin) que le ciel se dégage franchement. L'apparition du soleil a un effet "boostant" et c'est avec entrain que le fameux couloir est franchi! Des spectateurs nous attendaient avec leurs encouragements, ils étaient toutefois un peu moins nombreux que précédemment, le mauvais temps du matin avait dû en retenir plus d'un à la maison. Continuation sur le Col de Louvie où le faux-plat-montée m'a fait connaître une petite baisse de régime toute passagère. Descente sur la Lac du Petit Mont Fort où l'on remet les peaux une dernière fois. Arrivée une petite demi-heure plus tard au Col de la Chaux, où il n'y a plus que de la descente jusqu'à Verbier! Descente d'enfer, avec le bonheur de pouvoir skier jusqu'à Médran! Et surtout le bonheur de retrouver mes enfants à l'arrivée, dans un Verbier inondé de soleil!

Quelques photos prises par moi-même ici. Un magnifique reportage photographique de JC ici.

mardi 15 avril 2008

Et une dernière avant la Patrouille des Glaciers!


photo copyright JCWüthrich

Il le fallait bien...à une semaine du grand événement, une ultime session d'entraînement s'imposait; cela sera-t-il suffisant? L'avenir nous le dira! Quoi qu'il en soit, ce samedi 12 avril n'était guère prometteur en termes de météo et de risque avalanches...notre guide favori qui n'est jamais à cours de ressources propose à Jean-Christophe et moi-même un itinéraire dans la région de Loèche-les-Bains, où le danger d'avalanches est réputé limité, au contraire d'autres régions du Valais. La course était à "géométrie variable" dans la mesure où selon le temps (celui qui passe et celui qu'il fait) et l'envie nous pouvions plus ou moins décider de son ampleur.

Départ du Col de la Gemmi après une montée sans histoire en télécabine depuis Loèche; vent violent et brouillard nous accueillent, nous enfilons sans tarder veste et masque et filons dare-dare le long du Daubensee en direction de l'hôtel Schwarenbach, gîte d'altitude sur les hauteurs de Kandersteg. Par bonheur les conditions s'améliorent au moment de bifurquer à gauche sur une pente plutôt raide en direction du Schwartzgrätli (2383m). L'amélioration est telle que nous éprouvons quelque crainte dans la mesure où le rayonnement solaire frappe de plein fouet la pente; le manteau neigeux étant quelque peu "pourri", nous avançons en nous faisant aussi légers que possible et en maintenant une certaine distance entre nous. Ces quelque 300 mètres de sueurs froides franchis, nous abordons sereinement le Schwartzgrätli, pour retrouver nuages et "jour blanc". Petit passage délicat d'une trentaine de mètres raides et caillouteux sur l'autre versant du col, puis longue traversée pour rejoindre le Tälliseeli et la trace en provenance d'Engstligenalp. S'ensuit une longue remontée d'environ 3 kilomètres dans un magnifique vallon jusqu'à la Rote Totz Lücke (2805m), col qui nous fait basculer dans le Lämmerental. Peu avant, nous renonçons en raison du mauvais temps (il commence à neiger de plus en plus fort) de gravir le Roter Totz (2848m), monticule que nous laissons sur notre gauche avant d'atteindre notre col. Nous nous laissons glisser jusqu'à la Lämmerenhütte et malgré les flocons, il fut possible d'aligner quelques jolis virages. Picnic au chaud et au sec à la cabane, un luxe sur lequel nous ne crachons pas! Enfin, derniers efforts pour rejoindre la Gemmi. Une descente pour commencer, puis une section désespérément plate qui se prolonge avant 10 minutes de "talus" raide pour rejoindre le départ de la télécabine.

Une journée qui contraste avec les sorties précédentes - à tout le moins nous retrouvons là les conditions de la Patrouille, montées, descentes, longs plats et surtout le fait de mettre et enlever les peaux. On ne dira pas qu'on ne se sera pas entraîné! Des photos et un semblant de cartographie ici et là pour les photos de Jean-Christophe.

mardi 8 avril 2008

Col des Martinets - 2615 m

Tempus fugit...ma première sortie au Col des Martinets doit bien remonter à 12 ans, lorsque je faisais mes premières dents en ski de randonnée sous l'égide bienveillante du Club alpin! Situé dans la région du sauvage Vallon de Nant, ce col à l'accès peu évident a le mérite de...se mériter (1600m de dénivellation) et par conséquent de garder "la cohue de bobos à peaux de phoque" à quelque distance de là, par exemple au Col des Chamois, distant à moins de 2 kilomètres à vol d'oiseau. Il est vrai qu'étant donné le récent engouement que rencontre le ski de randonnée, il est de mon devoir de "vieux briscard" de chercher les itinéraire moins fréquentés. Notre récente sortie au Mont Rogneux pour superbe qu'elle fut n'en était pas moins envahie par la foule!

Les conditions étaient particulièrement favorables ce samedi 5 avril : au terme de 2 jours de précipitations neigeuses suivis d'un souffle d'air froid, nous avons bénéficié avec bonheur d'une petite lucarne météo pour mener à bien notre expédition. Il faut bien dire que c'était bon à prendre dans ce contexte de Patrouille des Glaciers proche! Donc du froid, de la solitude (relative - quelques autres prétendants à l'effort dans la tranquillité se sont également retrouvés là), une neige de rêve - un fait inhabituel pour le mois d'avril, autant d'éléments qui ont contribué au succès de cette course! Cerise sur le gâteau, des chamois peu timides se sont laissé observer au fond du Vallon de Nant. L'itinéraire est particulièrement atypique et ardu : tout commence pour Olivier, Claude, Jean-Christophe et votre serviteur par un cheminement le long d'une route à moitié enneigée entre les Plans-sur-Bex et Pont-de-Nant, puis le long faux-plat/montée jusqu'aux barrières rocheuses qui ferment le Vallon de Nant lesquellse ne sont Dieu merci pas hermétiques : il existe un passage entre 2 gros rochers au terme d'une pente particulièrement raide. Par bonheur, la neige était parfaite - pas de couteaux nécessaires - et surtout...merci aux 2 ou 3 skieurs nous ayant précédé et qui ont façonné une excellente trace - la recherche d'itinéraire s'en est trouvé grandement facilitée. Une fois franchi ce verrou, le reste de la course se déroule toujours de manière soutenue (il faut bien se hisser à 2615 m venant d'une altitude d'environ 1000 m) mais sans difficulté particulière. L'arrivée au col permet de découvrir une vue spectaculaire, le Léman au loin, le Chablais, les préalpes franco-suisses, une partie des Alpes pennines etc. Inutile de préciser que cela contribue au bonheur des photographes présents, à savoir Jean-Christophe et moi-même!

Quant à la descente...comment décrire cette sensation unique qui consiste à foncer "à donf dans la drepou"?? Il y a ceux qui savent...et les autres! Bref, voici quelques images pour revivre cette expérience hors du commun

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